Il Vendicatore di Marsiglia, ovvero

Le Vengeur de Marseille, ou

Avenger from Marseilles

 

 parTre Moschettieri

 

 

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Tous les droits sont réservés aux auteurs (Riccardo N. Barbagallo, Vincent Mollet et Gennady Ulman respectivement pour les chapitres en italien, français et anglais). Sont interdites la reproduction en tout ou partie ainsi que la traduction du texte du roman sans l'autorisation préalable et explicite de l'ensemble du groupe des ayant droit. 

 

Les auteurs assurent, quant aux protagonistes principaux du roman, que toute référence à des personnes et à des faits réels serait pure coïncidence, même si certains noms ont été choisis pour donner une couleur locale marseillaise.

 

 

 

 

 

Présentation.

 

Les “Tre Moschettieri

 

Riccardo N. Barbagallo - Professeur à l’Université de Catane (Italie) de Technologie Alimentaire, Technologie des Agrumes et Microbiologie Agricole dans les cursus proposés par la Faculté d’Agriculture. Depuis plusieurs années, s’occupe de l’isolement, de la purification, de l’immobilisation et de la caractérisation des enzymes à utiliser dans un contexte alimentaire. Son intense activité scientifique se traduit par de nombreuses publications dans des revues internationales à haut facteur d'impact. Passionné d’histoire, consacre son temps libre, entre autres, à l’étude comparée de la littérature populaire dans le monde, publiant ses recherches sur le présent site (mystères urbains) et autres analogues, ainsi que dans la revue Le Rocambole. Membre des groupes de discussion de Wold Newton et Bloods and DimeNovels.

 

Vincent Mollet – Français, né à Albi. Descendant en ligne directe d’un amiral et de deux forçats. A reçu le goût de l’histoire, de la littérature et des langues anciennes à l’âge de quatre ans, en lisant Astérix. Ancien élève de l’Ecole des Chartes, conservateur au Service historique de la Marine nationale, chargé des archives et de la bibliothèque du port de Toulon. Considère tout roman stupide, interminable et centenaire comme un chef-d’oeuvre. Est en particulier l’une des rares personnes ayant survécu à la lecture intégrale des Rocambole de Ponson Du Terrail. Membre du groupe de discussion de Wold Newton.

 

Gennady Ulman - Professeur d’anglais, de littérature mondiale et de psychologie au Professional Business College de New York (USA). Originaire d’Odessa (Ukraine). Langue maternelle : russe. Spécialiste de la traduction de poésie de l’anglais et du français vers le russe, et vice versa. Passion : l’aspect aventureux de la littérature populaire. Prépare une encyclopédie des auteurs d’aventure de différents pays. Autre passion : les grands mystères du monde : poltergeists, OVNI, Atlantide et civilisations perdues, paléocontacts, Suaire de Turin, etc.

 

 

 

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Les Règles du Jeu

 

L’espèce de roman-feuilleton que vous vous apprêtez à lire, et dont nous espérons qu’il rencontrera votre faveur, est né d’un projet longuement médité par Riccardo N. Barbagallo, lequel a décidé de partager avec Vincent Mollet et Gennady Ulman la conception et la rédaction en trois langues d’une oeuvre à six mains, qui ait un caractère international par les thèmes et les événements présentés. Dans ce roman, vous trouverez tous les stéréotypes et thématiques du roman populaire du XIXe, les ingrédients du roman social, de cape et d’épée, gothique, sentimental, épistolaire, etc.

Le roman est écrit “pas à pas” par les trois auteurs qui se relaient chapitre par chapitre, sans qu’aucun n’intervienne sur le scénario imaginé et écrit par les autres.

Avant de se mettre à écrire un nouveau chapitre, chaque auteur relit la totalité de l’oeuvre, avec l’aide d’un tableau biographique des personnages, constamment mis à jour par Riccardo, et d’un tableau chronologique dont le responsable est Vincent, lequel enrichit constamment de détails les événements du présent et du passé afin de tout faire se combiner comme les pièces d’un grand puzzle. Chacun des “Trois Mousquetaires” est libre d’écrire spontanément tout ce qui lui plaît, y compris de bouleverser les faits présentés par l’auteur précédent, en évitant toutefois d’insérer des anachronismes, et en faisant en sorte que chacun se sente responsable des modifications apportées, de façon à rendre le projet le plus intéressant possible. C’est là, selon nous, le “point fort” du projet, comparé à la négligence de certains romans-feuilletons du XIXe siècle. Néanmoins, certaines différences de style et de graphie entre les différents chapitres ont été maintenues pour ne pas altérer le texte original.

 

Bonne lecture...!

 

Les “Tre Moschettieri

 

 

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PARTE PRIMA

 

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L’Uomo in Nero

 

Capitolo I

 

Nel quale facciamo la conoscenza del nostro eroe

E’ una grigia serata del 1834 con un freddo intenso reso acuto dal gelido mistral sibilante lamentoso fra i comignoli delle case che si stagliano neri contro il cielo punteggiato di stelle. Un uomo alto e ammantato di nero, cammina lentamente nella notte lungo il porto della città di Marsiglia. Il suo aspetto misterioso lo rende simile ad uno degli eroi fatali di byroniana memoria.

Dopo qualche minuto d’esitazione si ferma all’osteria Vecchia Ancora dove, appartatosi nella zona meno visibile del locale, si siede e consuma lentamente del cognac. Nessuno si cura di lui e l’uomo non fa nulla per farsi notare dagli astanti.

Da lì, tuttavia, assiste non visto ad una scena rivoltante: un uomo di una sessantina d’anni, che già aveva notato per il suo comportamento arrogante, costringe un bambino di una decina d’anni, entrato nell’osteria per comprare pane, vino e formaggio, a consegnargli tutto il denaro che ha guadagnato durante l'intera giornata suonando il suo violino in compagnia di uno smagrito cane.

“Molla l’osso, moccioso della malora. Ti ho già detto più di una volta che per suonare a quell’angolo di strada devi prima chiedere il mio permesso e … pagare per rimanerci!”

“Ma signore, io non posso darvi nulla perché il poco denaro che ho guadagnato mi serve per pagare il cibo e alcune medicine che servono a curare mia madre la cui salute da ieri è peggiorata notevolmente”, implora il ragazzino con le lacrime agli occhi, mentre il suo cane abbaia senza tregua.

Ma il furfante è irremovibile - “Io non faccio beneficenza”, ha la sfacciataggine di esclamare scandalizzato. Poi, non solo si appropria del denaro ma, con sadica cattiveria, prende a calci il povero cane scaraventandolo fuori dall’osteria.

L'uomo misterioso che ha osservato tutta la scena, notata l’impassibilità degli avventori presenti, si alza dal suo tavolo e con passo risoluto si dirige verso il delinquente.

“Ti ordino di restituire al bambino quanto gli hai rubato … subito!” dice risolutamente il nostro eroe con un tono che non ammette repliche.

 “Amici, avete sentito? il signore mi sta minacciando. Che ne dite se gli diamo una bella lezione?”, ribatte il furfante con aria sprezzante ed ironica. Ma non ha il tempo di finire la frase che l’Uomo in Nero gli torce il polso costringendolo a restituire al bambino il denaro. Il piccolo, commosso, ringrazia il suo salvatore ed esce rapidamente dal locale. Il delinquente, dolorante e umiliato medita vendetta.

Più tardi, infatti, l’uomo misterioso uscendo dall'osteria è aggredito alle spalle dallo sfruttatore che ha chiamato i rinforzi di altre tre persone. Nonostante la posizione di svantaggio, il nostro eroe riesce lestamente a mettere fuori gioco i due uomini più forti, poi il delinquente, impugnato un coltello, cerca a tradimento di pugnalare il nostro eroe che riesce a disarmarlo. Lo sfruttatore furente, sotto le mani dell’uomo misterioso, chiama in soccorso il più giovane dei compagni che si era tenuto fino ad allora da parte nella colluttazione e gli intima, con parole di rabbia e dolore assieme, di raccogliere il coltello per pugnalare il rivale.

“Non vedi che tuo zio ha bisogno di rinforzi? Aiutami, cosa aspetti che questo dannato figlio di … mi uccida?”.

Il giovane, colpito nel proprio orgoglio, raccoglie il coltello e si slancia come una furia verso l'Uomo in Nero. Questi però riesce a schivare il colpo e, dopo una lunga colluttazione, il coltello penetra nel fianco dell'aggressore.

Prima di accasciarsi il giovane guarda in viso l'uomo misterioso e questi, a sua volta, notando i lineamenti contratti dell’aggressore, impallidisce ed esclama: - "Oh mio Dio, il cielo possa fulminarmi perché ho ucciso … ho ucciso ancora una volta !".

 

Chapitre premier

Dans lequel nous faisons la connaissance de notre héros

Dans le port de Marseille, par une froide soirée de 1834, un homme vêtu de noir prend la défense, dans une auberge, d’un petit joueur de violon, auquel un chef de bande veut voler l’argent qu’il a gagné pendant la journée pour soigner sa mère malade. Mais à la sortie des lieux, l’Homme en Noir est assailli par les complices du bandit et, pour se défendre, blesse le plus jeune de la bande, qui semble lui rappeler un personnage de son passé.

 

 

Chapitre II

 

Dans lequel un petit Marseillais s'exerce au métier de détective

Le lendemain, Siffrein - c'est le nom du petit joueur de violon - se risque à nouveau aux alentours de l'auberge. L'homme blessé la nuit précédente a été transporté par ses compagnons, désireux d'éviter les questions de la police, dans une des chambres de la maison. Il s'y remet lentement de son coup de poignard, soigné par un médecin que les membres de la pègre appellent fréquemment dans des cas semblables. Le docteur interroge le jeune truand sur les circonstances de sa blessure, et paraît surpris par la description de l'homme en noir, comme si elle lui rappelait quelqu'un qu'il connaît.

Siffrein ne saura rien de ce détail, se contentant de laisser traîner ses oreilles à la porte de l’auberge pour s’informer sur les événements de la nuit et leurs conséquences. Après avoir appris que le blessé gardait la chambre et que l'homme en noir avait disparu, il repart dans les rues, escorté de son chien, vers un des endroits où il a l'habitude de jouer quotidiennement. En chemin, sur le Cours Belzunce, il a la surprise de croiser, sans être vu de lui, l’homme qui l’a protégé.

Il entreprend aussitôt de le suivre discrètement. Sa filature l’éloigne rapidement des quartiers résidentiels et le conduit dans une rue déserte entre deux entrepôts près du port. En se dissimulant derrière un angle de mur, il voit l'homme en noir rejoindre un colosse aux cheveux roux, vêtu comme un matelot, avec lequel il avait visiblement rendez-vous. Siffrein se cache pour écouter leur conversation, mais la distance et le ton relativement bas des deux hommes ne lui permettent pas de percevoir grand-chose, sinon que le colosse témoigne du respect à son interlocuteur et l'appelle "capitaine". En tentant de s’approcher plus, il est aperçu par le colosse qui, avec une rapidité étonnante pour sa masse, se précipite sur lui et l’empoigne. L'intervention de l'homme en noir, qui reconnaît son protégé de la nuit précédente, lui évite un mauvais parti.

Interrogé, Siffrein décrit la vie misérable qu’il mène avec sa mère et sa soeur, et cherche à convaincre son sauveur de venir chez lui faire leur connaissance. L'inconnu sourit - c'est la première fois - en apprenant que le chien du jeune garçon s'appelle Amiral.

"Puisque je ne suis que capitaine," dit-il, "je dois suivre l'amiral".

Arrivés près du taudis où habite Siffrein, l'enfant, l'homme en noir et le colosse trouvent le quartier en pleine révolution: le choléra vient de se déclarer à Marseille, et la mère du jeune garçon présente les symptômes du mal. Un groupe de voisins, terrorisés par l'idée de la contagion, discute devant la porte de l'immeuble. Sans hésiter, l'homme en noir fend la foule et monte jusqu'à la chambre de la malheureuse. "Je ne crains pas la mort," dit-il, "elle est ma débitrice!"

 

 

Chapter III

 

In which we learn that The Man in Black has not only enemies, but friends too

The old Marseilles never sleeps at night. The crowds of people are gradually walking across the city coming down to the Vieux Port, taking the boats, with a crew and without it. Some lonely fiddler is playing his untuned fiddle, and those who listen can hardly recognize the song of Marseillan fishermen. Beside the fiddler near the dark waters, there is an unmoving figure of a jester who makes his miserable living by silent standing for hours. Rarely some housekeeper drops a coin into his wooden bucket. Suddenly the muffled sound of the next coin alerted the jester. He moved swiftly, all of a sudden changing his position and looked into the bucket.

A coin was wrapped into something. The jester, carefully looking around, took the coin out and unwrapped it "What is it? A banknote?", whispered the fiddler. "Much better", said the jester. "Hotel de Cabre". "When?" "Don't worry, Saltis. We still have the time to eat and to change." "Holy God", said the fiddler." Do I hear what really is going on? After all these years. But he cannot come. He is dead. They all are dead". "Don't scream", said the jester. "The Marseilles citizens know so many secrets, let us not get them familiar with another one". If one could follow them leaving the Vieux Port, he might be surprised.
Their gait was becoming straighter, the faces took completely a different expression. Usually such gait belongs to the officers, more than that,-- to the naval officers. Retreating to Canebiere, Saltis said, "What about the boy? I guess I taught him to play the violin not in vain. His agility might be helpful, you know, Darcene!

"You got completely crazy, Saltis. I am not Darcene. Did you forget my name?

"It's time for you to become Darcene", stubbornly retorted Saltis.

"Hôtel de Cabre, Maison Diamantée. The place does not change"

"Hurry up". "What if he asks about... You know whom I mean. What will we answer?

"The truth". "I want to take my sword"

"Yes, I figure, it's necessary"

In half an hour, the small inn "Three crowns" was shocked by the presence of two noblemen who ordered a rooster and a bottle of Clicquot. The host sent a messenger as such champagne was not in his possession.

Two wine glasses clinked. "Time', said Saltis. "High time", retorted Darcene.

 

Chapitre III

Dans lequel nous apprenons que l’Homme en Noir n’a pas seulement des ennemis, mais aussi des amis

La nuit, sur le Vieux Port de Marseille. Un joueur de fifre, Saltis, et un comique, Darcène, gagnent leur vie en jouant et en exécutant des tours. Quelqu’un place un petit  papier dans le récipient qui contient leur argent. Il dit: “Hôtel de Cabre”. Ils sont heureux, quittent immédiatement le port, changent de vêtements, et peu après boivent du champagne. Bien sûr, dans des vêtements différents, ce sont des hommes différents.

 

 

Capitolo IV

 

Nel quale Poussin fa un giuramento che cambierà la sua vita

Come sicuramente i nostri cortesi lettori ricorderanno avevamo lasciato il misterioso Uomo in Nero in procinto di precipitarsi all’interno dell’edificio dove la sfortunata madre di Siffrein lotta tra la vita e la morte. Il ragazzino si precipita all’interno con l’uomo ma, giunti fino all’uscio della misera soffitta dove la povera donna, pallida come un cadavere, geme in un bagno di gelido sudore - inconfondibile sintomo del colera - entrambi trovano a sbarrare il passo la sorella maggiore di Siffrein, Jeannette, la quale supplica l’uomo di abbandonare la casa e portare con sé il piccolo Siffrein.

“Signore ve ne prego, allontanatevi e tenete con voi il mio fratellino. Prendetevene cura e che il cielo vi benedica!”.

Anche Moucheron, il colosso, è giunto sulle scale; l’Uomo in Nero gli impartisce l’ordine di chiamare immediatamente un medico e di provvedere all’acquisto di tutto quanto possa servire all’ammalata. Poi, offre alla giovane donna del denaro e le promette che si prenderà cura del fratello. Sarà Jeannette ad occuparsi direttamente della madre. Siffrein piange disperato ma l’uomo misterioso e il docile Amiral gli sono vicini.

Intanto Vinnie, detto Poussin - il giovane delinquente che ha attentato alla vita dell’Uomo in Nero - ha durante il sonno un incubo nel quale rivede se stesso da bambino vagare per le strade di Marsiglia con lo zio che, avvolto in un mantello nero, lo costringe nelle serate d’inverno a rapinare i ricchi signori all’uscita dal teatro.

Lui non vorrebbe rubare, ma lo zio si volta all’improvviso e, sotto le fattezze dell’Uomo in Nero, gli pianta una coltellata allo stomaco. Il giovane si sveglia all’improvviso e giura a se stesso di ritrovare l’uomo misterioso – “Dovessi fare il giro del mondo, troverò quell’uomo”.

 

Chapitre IV

Dans lequel Poussin fait un serment qui changera sa vie

Jeannette, la soeur aînée de Siffrein, supplie l’Homme en Noir de fuir la maison en emmenant son petit frère. Moucheron, à la demande de son patron, va chercher un médecin. Entretemps, Vinnie dit Poussin – le jeune truand qui a attenté à la vie de l’Homme en Noir – se rappelle en rêve sa propre enfance, alors que tout jeune il volait les riches messieurs à la sortie du théâtre. Dans le rêve, à la silhouette de son ’”oncle” Tonneau-Plein se superpose celle de l’Homme en Noir, que le jeune homme décide de retrouver à tout prix.

 

 

Chapitre V

 

Dans lequel Siffrein se pose des questions et Poussin demande une réponse

L'imposant hôtel particulier de la famille de Cabre, dans le vieux Marseille, est resté inhabité pendant près de dix ans, après que ses occupants aient disparu à la suite d'un scandale. Un jour, les voisins découvrent avec surprise qu'un nouveau propriétaire s'est installé. Il demeure invisible, et on ne fait qu'entr'apercevoir ses deux domestiques: un colosse aux cheveux roux, et un enfant que l'on voyait auparavant jouer du violon dans les rues de la ville.

Vers le soir, deux hommes arrivent par la rue, peu fréquentée à la fin de cette journée où la rumeur du choléra s'est répandue dans la ville. Lorsqu'ils entrent dans l'hôtel, Siffrein, à sa grande stupéfaction, reconnaît l'un d'eux. C'est, dans un habit de soirée impeccablement coupé, le saltimbanque qui lui avait appris à jouer du violon. L'homme feint de ne pas l'avoir vu. Le maître des lieux serre les deux visiteurs dans ses bras et les fait entrer dans ses appartements; Siffrein, malgré toute sa curiosité, n'en saura pas plus pour le moment. Lorsque, à la nuit tombée, les deux hommes ressortent de l'hôtel, l'enfant parvient à saisir une bribe de leur conversation:

"C'est étrange, Saltis, il ne nous a posé aucune question sur elle!"

"Que veux-tu que je te dise?" répond Saltis en haussant les épaules. "Soit il en sait déjà autant que nous, soit il ne s'intéresse plus à elle."

Pendant ce temps, dans sa chambre à l'auberge, Poussin voit entrer le chef de sa bande venu prendre de ses nouvelles. Il a justement une question à lui poser: "J'ai besoin de savoir comment est mort mon oncle," lui demande-t-il. "Vous le connaissiez bien, n'est-ce pas? Je sais qu'il y a dix ans on l'a retrouvé poignardé dans le Vieux Port, mais il faut que vous m'en disiez plus!"

 

 

Chapter VI

 

In which the reader learns that music not only entertains, that lethal diseases are not always lethal, and that the nick-name of the Man in Black is not peaceful

The doctor, a worthy man in his fifties, tall, thin, with whiskers and a valise, almost unmistaken showing his profession left the shack where the sick woman and her children lived. While coming to the street he kept shrugging and muttering something indistinctive under his nose. If somebody wanted to eavesdrop, he might hear the words expressing outrage and confusion. "I don't say anything, the payment was more than generous, but even for the salary twice as much, I won't risqué my life. Don't the people understand what cholera is?

I have to warn a hospital if they want to deal with her. Moneyless ness is also a disease. Hopefully I did not touch anything around. The area has to be surrounded and fenced. How to convince a boy and a girl not to come? But anyway everybody has to be separated. Let me rush. A good lot of things have to be done."

In a couple of hours, an already familiar figure covered in black, appeared near the doorway. Siffrein and Jeannette were attending near the door. Jeannette's delicate features showed grief and devastation. Siffrein looked liked a small chased animal.

"What's going on?", the man asked drastically. Jeannette lifted her face swollen from tears and whispered a word which frightened people for centuries.

"Mother is being taken to the hospital. She is going to die", she said dully.

The man moved the children aside and rushed into a shabby apartment. The woman was hardly conscious. Her features became thin and sharpened from the dehydratation.

If from the beginning she was restless, now she was completely immovable. The man looked aside, thinking about something, then noticing a small violin, went out to the street, gave it to the boy and said: "When you hear my voice, play something sad. Can you?"

The boy looking at the man incredulously took the violin and silently nodded. The man rushed back. With the hand covered with glove, he took some paper from his cloak, looked at it for several seconds, and smiled. Then he came to the poor stove, found an egg, split it, accurately poured the contents into an old cup with a darkened bottom, took a shell, crumbled it into tiny pieces, again looked around an found what he wanted --an onion. Getting a knife of a strange form, he made a notch on an onion, and squeezed it a little. Pouring some juice into another cup, he mixed it with the shell and got out a small flask adding some yellow liquid. "Two minutes", he said to himself. Then he stiffened. The woman hoarsely moaned something indistinctly. The man in black shouted "Siffrein, play!" As soon as he heard the sounds of the violin, he, with his knife, unclenched the teeth of the woman, and poured the formed liquid. The woman started to cough. "Now you may cough", said the man. He went to the street and said "Now let them take her!"

"What did you do? ", asked the girl. "No matter! She will survive!"

"Even if you saved her, other patients in the hospital, might infect her again!" said the girl.

"Not with this disease. She will never get it again! And let her lie in the hospital for a while. The nurses will care after her better than you. "

"Are you a famous doctor?"

"Me? Not me! Better to say, Michel! "

"Who is Michel?"

"One real doctor who lived 200 years ago."

The girl looked at the man in black and said in a low voice "And what is your name?

The man was silent for a while and answered: "In Turkey everybody called me Kismet"

"But this is not a name. What does the word mean?"

The man in black looked at the girl, smiled and said "It means Fate".

 

Chapitre VI

Dans lequel le lecteur apprend que la musique n’est pas seulement un plaisir, que les maladies mortelles ne le sont pas toujours et que le nom de l’Homme en Noir ne respire pas la paix

Le docteur ne peut soigner la femme malade. Elle a le choléra, une maladie mortelle. Ses enfants, Siffrein et Jeannette, se désespèrent. L’Homme en Noir apparaît et, avec l’aide de musique, ou plus exactement d’un choix de notes et aussi d’une certaine mixture, sauve la femme. Elle est faible mais guérie. La jeune Jeannette demande son nom à l’Homme en Noir, et en obtient deux, Michel et Kismet. Kismet en turc signifie Destin.

 

 

Texte de Riccardo N. Barbagallo, Vincent Mollet et Gennady Ulman

 

 

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Marguerite Lambert

 

Capitolo VII

 

Nel quale apprendiamo dei fatti notevoli riguardanti l’infanzia di Poussin

Appena uscito dalla povera casa nella quale abitano Jeannette e Marguerite Lambert, la sorella e la madre di Siffrein, il nostro salvatore Michel, così da ora in poi chiameremo l’Uomo in Nero, si rivolge al bambino e, allontanatolo da sé categoricamente, gli ordina: “Adesso puoi andare all’Hotel de Cabre ma devi rimanere lì. Tua madre si salverà come ho promesso, tuttavia non devi mettere in pericolo la tua vita. Informerai Moucheron che io sarò via da Marsiglia per le prossime settimane”. Siffrein dà un timido assenso e, salutato Michel, raggiunge l’albergo dove Amiral lo accoglie scodinzolando allegramente.

Non molto lontano intanto, i nostri lettori lo ricorderanno, stiamo assistendo ad una discussione fra Poussin, in via di guarigione dopo il ferimento, e il famigerato Renard, capo della banda.

 “Cosa diavolo vuoi che io ti dica della morte di tuo zio, Poussin. Non ricordi più che facemmo il possibile per salvarlo? Lo sai che consideravo Tonneau-Plein come un fratello, ma era ormai troppo vecchio per fare questo dannato mestiere, glielo avevo detto un centinaio di volte. Raccogliemmo la cifra necessaria e … pace all’anima sua, ebbe un magnifico funerale! Ma perché mi domandi queste cose, Poussin?”

“Si tratta di un sogno, un terribile incubo che ho avuto la notte scorsa. Avevo pressappoco otto anni e zio Tonneau-Plein, come sai, mi aveva da poco insegnato a frugare le tasche delle persone all’uscita dal teatro. Nel sogno lui indossava un mantello nero e mi tirava da una parte perché lì c’erano … dei polli da spennare, la solita storia. Io cercavo di liberarmi da quella morsa, quando all’improvviso lui si volta verso di me e non ha più le sue solite fattezze”.

“Che diavolo di fattezze Poussin, parla come ti ho insegnato o chiudi il becco una buona volta!”.

“Voglio dire che nel sogno non era più un vecchio settantenne, ma un uomo di poco meno di quaranta anni: appariva come l’Uomo in Nero, quello che per poco non mi ha ammazzato e che, colpendomi, mi ha guardato come se avesse visto un fantasma!”.

“Ancora quel dannato Uomo in Nero! Se mi capita di nuovo tra le mani non avrà scampo. Mi ha fatto fare una misera figura davanti all’osteria Vecchia Ancora.

“Lo sai zio che lui voleva soccorrermi dopo che per legittima difesa mi ha colpito? Poi è arrivato una specie di colosso con i capelli rossi e lo ha allontanato di peso dal vicolo …  è proprio l’ultima cosa che ricordo di quella sera”.

“Guarda dannatissimo ingrato … doveva proprio farti fuori quell’Uomo in Nero, almeno non avrei sentito tante sciocchezze. Se non fosse stato per me saresti stato come Tonneau-Plein bello e sepolto!”.

“Ma allora, secondo te, perché mi sono ricordato dello zio in quel sogno? Sono trascorsi dieci anni d’allora. C’era ancora Clementine con noi, la mia sorella gemella te lo ricordi? Dopo la morte di Tonneau-Plein tu mi dicesti che l’avevano accolta le suore di un orfanotrofio di Toulon ma quando l’anno dopo scappai per andare a trovarla mi fu detto che non viveva più lì. Chissà dove si trova adesso … poverina!”

“Guarda Poussin di rialzarti da questo letto per domani e di ricominciare a lavorare perché le tue dannate chiacchiere mi hanno stancato” e, dopo un attimo di esitazione, Renard continua “Il vecchio Tonneau-Plein, mi aveva insegnato ogni cosa quando io ero ancora un ragazzo, allo scoppio della Rivoluzione; soltanto per questo motivo ti ho preso con me dopo la sua morte e permetto di chiamarmi “zio” anziché Renard. Non potevo accollarmi la responsabilità anche di un’altra marmocchia di otto anni come Clementine! E poi … volevo dirti che se ripensando al tuo vero zio, a Tonneau-Plein, intendo, ti viene in mente l’Uomo in Nero, vorrà dire che quest’uomo non è proprio un santo, non credi Poussin?”. E così dicendo Renard esce sbattendo violentemente la porta.

Una decina di giorni dopo i fatti finora raccontati, Amiral scodinzolando indisturbato per l'Hotel de Cabre, sente una strana melodia provenire dall’ala est e così, abbia ripetutamente per attirare l’attenzione di Siffrein. Anche il bambino si mette attentamente in ascolto.

 

Chapitre VII

Dans lequel nous apprenons des faits notables concernant l’enfance de Poussin

A peine sorti de la maison de Jeannette et Marguerite Lambert, l’Homme en Noir quitte Marseille, confiant le jeune garçon à Moucheron. Poussin évoque avec le fameux Renard, chef de sa bande, son passé et celui de sa soeur jumelle Clémentine, dont il n’a plus de nouvelles depuis qu’elle a été confiée à une institution de bonnes soeurs à Toulon.

 

 

Chapitre VIII

 

Où il est prouvé que la musique est un langage universel, et où un jeune homme rappelle de vieux souvenirs

Siffrein entreprend de se diriger vers la pièce d’où s’échappe la mélodie. En chemin, il rencontre le matelot devenu majordome.

“Monsieur Moucheron? Je pensais que c’était vous qui faisiez cette musique!”. Moucheron sourit largement.

“Tu me vois, moi, jouant du piano? Non, le capitaine a une invitée. Elle s’est installée dans l’appartement de l’aile est.”

“Une dame?”

“Oui. Tu n’as à te mettre en peine de rien, c’est moi qui ferai son ménage et qui lui porterai ses repas.”

 “Mais le capitaine est parti! Il m’a dit de vous dire qu’il quittait Marseille, et qu’il serait absent plusieurs semaines.”

Moucheron fronce les sourcils.

“Déjà? Est-ce qu’il t’a dit s’il partait seul?”

“Non, il ne m’a rien dit.”

Devant le silence contrarié de Moucheron, Siffrein tente de revenir à la mystérieuse occupante de l’aile est.

“Alors, son invitée va rester seule? Qu’est-ce qu’elle va faire?”

“Rien. Je te l’ai dit, tu n’as pas à t’occuper d’elle.”

Siffrein comprend qu’il est requis de ne pas approcher l’inconnue. Mais il ne renonce pas si facilement. Descendu dans la cour de l’hôtel, il repère les fenêtres de la pièce où se trouve le piano. La musicienne est apparemment en train de s’exercer, et le même motif revient fréquemment. Siffrein ne tarde pas à l’indentifier, puis à pouvoir le reproduire sur son violon. Bientôt, sa mélodie répond à celle de la pianiste. Celle-ci entame bientôt un nouveau morceau, immédiatement suivie par Siffrein. Lorsque le piano s’interrompt, l’enfant, au-dessus de sa tête, entend une fenêtre qui s’ouvre...

Quelques jours plus tard et quelques centaines de kilomètres plus loin, nous faisons la connaissance de Victor Jourdan, héritier d’une richissime famille de négociants marseillais, qui achève ses études à Paris. Le jeune homme se trouve pour le moment dans sa confortable garçonnière, en compagnie de sa dernière conquête: une actrice qui a déjà triomphé sur plusieurs scènes parisiennes, ainsi que dans les coeurs et les portefeuilles de plusieurs messieurs fortunés.

S’il goûte à tous les plaisirs de la vie parisienne, Victor n’en a pas pour autant oublié son pays natal. La preuve: il est en train de lire une gazette marseillaise.

“Quelles nouvelles? Plusieurs cas de choléra signalés à Marseille... Diable! Nous en étions à peine délivrés à Paris, et le voilà qui frappe mon pays natal. Un riche et mystérieux Oriental a racheté l’Hôtel de Cabre... En voilà un qui n’est pas superstitieux, de s’installer dans l’hôtel du parricide!”

“L’hôtel du parricide?” interroge la jeune femme.

“Oui, c’est une histoire horrible qui a eu lieu voici plusieurs années. C’était en 1824, alors que les Grecs était en pleine révolte contre l’oppresseur turc. Les états-majors français avait commencé à dresser secrètement les plans d’une intervention militaire en leur faveur. Or, ces plans sont tombés entre les mains des Turcs. Le scandale a été énorme, et l’intervention en Grèce a dû être retardée de plusieurs années. Comme tu le sais, c’est seulement en 1827 que la flotte française a finalement affronté les Turcs à Navarin.

La gendarmerie a mis la main sur un document permettant d’identifier les traîtres. Il s’agissait de trois jeunes officiers de marine, alors affectés à Toulon. Tous trois étaient issus d’honorables familles marseillaises. L’un d’eux en particulier, Zacharie de Cabre, était le fils d’un célèbre manufacturier de l’époque, propriétaire de cet hôtel qui vient d’être racheté. Mon père le connaissait très bien.

Le jour même où ils devaient être arrêtés, les trois hommes, sans doute prévenus par un complice, disparurent mystérieusement. En ce qui concerne Zacharie, tout au moins, on sut rapidement où il était allé. Dans la soirée du même jour, un domestique le vit arriver à l’Hôtel de Cabre, et demander à voir immédiatement son père. On a pu établir qu’il avait loué un cheval à Toulon, et qu’il avait galopé comme un fou tout le long de la route jusqu’à Marseille.

Malgré l’heure tardive, le vieux de Cabre travaillait encore dans son cabinet, et le domestique y introduisit son fils. Il ne le vit pas ressortir, mais le lendemain matin, la soeur de Zacharie, en entrant à son tour dans le cabinet, trouva le vieil homme égorgé d’un coup de couteau.

La jeune femme frissonne.

“Le fils avait tué le père?”

“Toujours est-il que le coffre-fort qui se trouvait dans la pièce était ouvert, et que son contenu, une jolie somme en rouleaux d’or, avait disparu. Ouvert et non forcé: or, seules deux personnes en connaissaient la combinaison, le vieux de Cabre et son fils. On pense que Zacharie est venu demander de l’argent à son père pour aider sa fuite, que le père a refusé... Tu devines la suite.

Toujours est-il que l’on n’a plus jamais revu Zacharie ni les deux autres officiers. Le vieux de Cabre était veuf, et n’avait qu’un seul autre enfant: la soeur dont je t’ai parlé. J’ignore ce qu’elle est devenue. Voilà ce qui se passait à Toulon et à Marseille il y a dix ans... Mais tu aurais pu le savoir, Clémentine, puisque tu as grandi à Toulon!”

 

 

Chapter IX

 

In which the Man in Black gets to Odessa and Saint Petersburg without his own knowledge about it

Pushkin got of the cab. He was short, but elegantly dressed. He did not feel tired, dancing all night. But now he wanted home, as fast as possible. He remembered the warmth of the woman with whom he was dancing. He also remembered her challenge. "Aleksandr, she said, why would not you try prose?

" Your poems are remembered by heart. Why would not you try? I am sure you will succeed. And when you will..."

Her eyes were close and so promising... He entered his house on Moika's Embankment, looked through the window at Saint Petersburg at night, took his goose pen presented to him by Goethe, and started to think. To hell with the woman, he had his own Goddess, but a story was something he wanted to try long ago. Byron, his "alter ego", never tried prose. Byron... Pushkin still could not relax after his death in Greece. "Freedom to Greece! Freedom from Turks! Oh, yes, there is something in it. He put the pen for a moment trying to concentrate. Before his eyes floated Odessa where he stayed 7 years ago, and an old Pole, Staszewsky, it seemed. Staszewsky was a friend of Mizkewisc, Pushkin's closest friend. He loved to talk to an old man. What did he tell him?

Something about a young gentleman accused of murdering his own father? But definitely, wrongly accused. Who really could believe that a nobleman would degrade so deeply?

Because of money? Some treasure involved? Puskin felt intrigued. What happened later?

Went to Greece? To Ypsilanti? Died? Lost?

Puskin, despite his genial memory, could not recollect exactly. It was becoming cold. The candles brought on to the walls strange shadows, and Aleksandr Sergeevich saw strange pictures emerging in his mind: he was fond of people who contained mystery in the look, clothes, odd talk, gait, and the whole aura of strangeness. They are characters, yes, they are: Balsamo, Saint-Germain, Nostradamus, that man of Stazewsky. He has to be in black, and the Pole told it had become his casual color. Yes, he said that he would change it only when he would find a real murderer. He learned medicine, it seems, otherwise why the name of Nostradamus would haunt Pushkin's image during this cold night.

Yes, something had been also connected with Nostradamus. Did he belong to the family of this celebrity? It does not matter. The personage is found, this is what matters.

The poet again took the pen. He would call him Silvio. It's a nice name having something Italian (Pushkin lived in Odessa on Italian street). And mysterious too. With his running handwriting which in some cases caused so many problems to the searchers, he wrote a title "The Shot". It was 1830.

And the history of the Man in Black, obeying the hand of a genius, took a completely different course. Power, revenge, death in Greece. But as our amiable readers already know, the Man in Black did not die. And, unfortunately, did not bring freedom to Greece. Just became the time to "collect the rocks". Greece gave him courage and contempt to death. Greece also showed him his friends. And he came back where everything started.

 

Chapitre IX

Dans lequel l’Homme en Noir se rend à Odessa et Saint-Pétersbourg sans même le savoir

Le célèbre poète russe Pouchkine est à Odessa en exil. Il aime écouter les histoires des vieux Polonais. L’une est particulièrement intéressante : elle parle d’un jeune Marseillais qui fut injustement accusé d’avoir assassiné son propre père. Cette histoire inspire Pouchkine, lorsqu’il revient à Saint-Pétersbourg, pour composer une longue nouvelle intitulée « Le Coup de pistolet ». Le personnage principal, Silvio, est un homme mystérieux en quête de vengeance. Il finit par périr en Grèce. L’Homme en Noir est le prototype de cette histoire, et il n’est pas mort. Il veut se venger du véritable meurtrier. C’est pourquoi il est de retour à Marseille.

 

 

Capitolo X

 

Nel quale Victor fa sfoggio di cultura e Clementine si annoia mortalmente

Torniamo alla garçonnière parigina per riprendere la discussione fra Victor Jourdan e Clementine, la sua procace e giovane amante. Clementine, con lo sguardo intrigante di una gatta, fa una smorfia maliziosa e si rivolge al suo danaroso amante.

“Maleducato … mi parli di dieci anni addietro come se io fossi tu madre, Victor. Ero ancora una bambina allora e poi … io vivevo come una reclusa in un orfanotrofio dal quale fuggii fra tante difficoltà per raggiungere Parigi”.

“Non ti scaldare troppo Clementine. Non sai che a me piace scherzare? Piuttosto, non avevi altri parenti, oltre tuo zio?” l’interroga Victor.

“Si, c’era mio fratello Vinnie che tutti chiamavano “Poussin” perché, differentemente da me, aveva uno sguardo così innocente da imbrogliare qualsiasi persona per poi derubarla e … forse anche altri parenti, ma non ricordo bene”.

“Sei sicura di non ricordare nulla?”

“Avevamo di certo una madre, questo sembra a me di ricordarlo. Vivevamo in un paese straniero noi tre da soli, lei ci metteva sulle sue ginocchia e iniziava a suonare il pianoforte. Che musica incantevole per le nostre orecchie di bambini. Rimaneva a suonare per delle ore ma non ci stancavamo d’ascoltarla. Poi, successe qualcosa di terribile, non ricordo perfettamente”.

“Che genere di cosa avvenne?” chiede Victor che, dopo aver ascoltato con noncuranza, ha iniziato ad appassionarsi al racconto di Clementine.

“Facemmo un viaggio …  la mamma scomparve e un uomo che avevamo visto qualche volta in casa nostra ci disse che era morta, poi ci affidò allo zio Tourneaux-plein di Marsiglia”.

“Che razza di nome è questo? Si trattava ovviamente di un soprannome!”

“Per l’appunto era il soprannome che gli avevano affibbiato perché beveva parecchio. Ci picchiava spesso perché voleva che ci guadagnassimo da vivere. A Vinnie aveva insegnato a derubare la gente, mentre io fabbricavo fiori di stoffa che vendevo per strada. Questo lavoro me l’aveva insegnato la vecchia Annette!”.

“Annette?”

“Dicevano tutti che fosse la moglie dello zio ma adesso che sono cresciuta penso che fosse la sua amante! Anche lei beveva e morì pochi mesi dopo che entrammo in quella casa, sempre che di casa si potesse parlare, data la sporcizia e la miseria che vi regnavano sovr