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William Harrison
Ainsworth (1805-1882).
Auteur de
récits
d'aventures historiques, Ainsworth est l'auteur qui fait le premier
basculer le roman historique de Walter Scott du côté du romanesque débridé. Son
inspiration est en effet autant à rechercher du côté de l'Histoire que de la
tradition du roman gothique et de l'imaginaire frénétique. Au gothique,
Ainsworth emprunte l'architecture tourmentée des châteaux construits pour la
souffrance des corps et des âmes (comme dans The Tower of London, 1840)
dans le roman frénétique, l'auteur va rechercher l'évocation d'esprits pervers,
l'expression extrème de la souffrance et les châtiments de l'innocence
(Windsor Castle, 1843, et surtout The Lancashire Witches, récit de
sorcellerie de 1849). Et même si Ainsworth fonde ses récits sur des
informations historiques réelles (les monuments évoqués en titre en
témoignent), l'histoire recule devant l'imaginaire fantastique et expressif.
Ainsi, l'oeuvre d'Ainsworth combine de façon étonnante les descriptions
instructives les plus sêches et les évocations les plus frénétiques.C'est surtout à travers un type de récit particulier, dans lequel il est passé maître, qu'Ainsworth va révéler les virtualités de son esthétique: ce modèle, c'est celui du récit de bandits, qui va connaître sous son impulsion une vogue considérable en Angleterre. Ses oeuvres les plus fameuses en la matière sont certainement Jack Sheppard (trois volumes, 1839) et
Une image tirée de Jack Sheppard.
Rookwood, son premier véritable roman (trois volumes, 1834), qui narre les aventures de Dick Turpin. Ses héros sont des bandits d'honneur, mi-criminels, mi-justiciers, dont on trouve des équivalents, en France, dans certaines oeuvres d'Arthur Bernède (Mandrin), ou en Italie, dans les récits de "mystères urbains" ou les oeuvres de Salgari (transposées dans des territoires exotiques). Dans ce cas, comme ailleurs, Ainsworth prend les plus grandes libertés avec l'histoire, lui préférant la légende dorée de ces personnages, mauvais garçons amis du peuple et terreur des puissants. Si Ainsworth n'écrivait pas à l'origine pour la jeunesse (puisqu'à son époque il n'existait pratiquement pas de littérature enfantine), ses oeuvres ont rapidement été lues par les jeunes garçons, attirés par la violence des passions, les dangers et les affrontements du héros.
Certes, avec Ainsworth, nous découvrons une littérature encore éloignée du modèle canonique du roman d'aventures, celui du récit de cape et d'épée: ici, c'est un auteur au croisement de plusieurs esthétiques, celle du romance britannique, celle du récit historique qu'invente peu avant Walter Scott, celle du roman gothique, enfin. mais ces différentes esthétiques préfigurent déjà l'oeuvre d'Alexandre Dumas, de Paul Féval père ou d'Amédée Achard, en définitive plus proches d'Ainsworth que de Scott. En ce sens, cet auteur oublié figure une étape essentielle dans l'histoire du roman d'aventures historiques.
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Liens vers des pages consacrées à Ainsworth:
- Biographie tirée du "Victorian Web".
- Biographie, chronologie et liens (en Anglais).
-On peut trouver bien des romans d'Ainsworth sur abebooks.fr, site d'ouvrages d'occasion.
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